Vaillant, le dernier messager
Il ne pesait que quelques centaines de grammes. Il portait pourtant l'espoir de tout un fort.
Juin 1916, en pleine bataille de Verdun. Au fort de Vaux, le commandant Raynal et ses hommes sont encerclés. On se bat jusque dans les couloirs, l'eau vient à manquer, et le fort est coupé du reste de l'armée. Pour appeler à l'aide, il ne reste qu'un moyen : les pigeons voyageurs.
Le 4 juin, à 11 h 30, Raynal lâche le dernier. C'est un pigeon de l'armée, le numéro 787.15, qu'on appelle Vaillant. Dans le petit tube attaché à sa patte, un message : « Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées très dangereuses. Il y a urgence à nous dégager… C'est mon dernier pigeon. »
Vaillant s'envole dans un ciel empoisonné. Les gaz l'atteignent, mais il continue. Il traverse les fumées et les tirs jusqu'au colombier de la citadelle de Verdun, où il arrive mourant. Le message est délivré.
Les récits ne s'accordent pas sur la suite : certains disent qu'il est mort peu après son arrivée, d'autres qu'il a vécu encore quelques années. Le fort, lui, tombe le 7 juin, mais la résistance de ses défenseurs devient une légende. Vaillant est cité à l'ordre de la Nation, un honneur rare pour un animal. Une plaque lui rend hommage au fort de Vaux, et sa dépouille est conservée au musée colombophile militaire du Mont-Valérien. Son nom, pourtant, presque plus personne ne le connaît.
Ce soir, allumez votre bougie pour lui, le dernier messager du fort de Vaux.
Sources : Wikipédia · Wikipédia (en anglais) · Techno-Science · Slate